Je te retrouve ce matin chez toi, cette fois c'est l'hôpital qui t'a laissée partir comme une adolescente pour une sortie liberté, vers un inconnu affectif vers un espace de plaisir,  uniquement pour oublier que la semaine prochaine ils vont t'opérer pour déboucher le tuyau de vie,  qui de la bouche transforme nos aliments en vie, toi qui justement ne peut plus t’alimenter que grâce à des tuyaux artificiels, qui goutte à goutte te donnent des calories indispensables pour entretenir ce petit corps malade.

Aujourd’hui tu apparais forte,  tu sembles  légère et aérienne allongée dans le lit de ta chambre blanche pleine de lumière,  nous côtoyons les anges, nos discussions n’ont pas été aussi fluides depuis longtemps, tu me parles de ton mari, de tes enfants, de la maladie, on oublie même de parler de ta douleur qui te ronge et te rappelle que chaque médicament n’a qu’une durée limitée pour diminuer le mal qui te creuse et te mange petit à petit.

Et pour la première fois je te parle de mes croyances dans les vies antérieures, de l’existence d’un lieu immuable à l’intérieur de nous-même, dans lequel on se retrouve lorsque l’hypnose nous permet de passer de vie en vie pour expérimenter  que la mort n’existe pas et que les vies ne font que se suivre sans se ressembler, tout en gardant le lien avec le « nous même » immuable qui ne change jamais. Mais je ne te soule pas avec tout cela, juste je te parle quelques instants de mes expériences personnelles  dans la compréhension de tout cela, la vie c’est un mouvement, le contraire d’un état immobile, la MORT N’EXISTE PAS…