Un peu ému j’ai sonné à la porte de ton appartement, un autre monde comparé à l’hôpital où je pensais que tu allais t’envoler, ta mère, sentinelle inépuisable m’a ouvert la porte, elle retrouve à tes cotés en permanence un peu de tes souvenirs d’enfance, dans son silence et sa désespérance à vivre tes derniers moments, elle resplendit de son dévouement et de son abnégation.

J’ai monté l’escalier jusqu’à ta chambre et en entrant je t’ai trouvé lumineuse et claire avec le regard de la vie et le sourire paisible.

Alors ta maman m’a apporté un café et nous a laissé seuls, et nous avons bavardé simplement de la vie, du temps, des enfants, de la religion hébraïque que tu aime tant, nous avons retrouvé l’espace d’un moment infini le cour de la vie, ce fleuve immuable qui nous emporte tous.

Et après ce moment simple, je t’ai demandé si tu faisais des visualisations en ce moment alors tu m’as dit tranquillement

- je suis plus méditation que visualisation en ce moment.

Alors je t’ai proposé de faire avec moi une méditation sur le corps, sur les deux places importantes que sont le 3 eme œil, centre de commande, tour de contrôle de l’esprit et le cœur spirituel situé au centre du thorax.

Et t’ai pris ta main droite dans la mienne et nous sommes partis d’esprit à esprit chacun dans notre centre, puis dans ce cœur vert et lumineux que tu utilises si bien.

Moment de communion intense avec le ciel.

Après ce moment de grâce, en ouvrant les yeux nous sommes restés en silence simplement en paix.

Puis tu m’as dit

- je voulais te demander, tu penses que cela les traumatise mes enfants de m’aider quand l’infirmière ou ma mère ne sont pas là et qu’ils doivent partager mes moments intimes car je ne peux plus me débrouiller seule.

- Oui je pense que cela les traumatise, mais je pense qu’ils préfèrent partager ta vie chez eux dans leur univers, que de te savoir seule à l’hôpital et rester spectateur de ta souffrance sans pouvoir rien faire.

Alors tu m’as dit

    - oui je comprends, tu as raison, merci docteur.

Tu m’as répondu avec ton sourire qui occupe ton visage, petit visage sauvé aujourd’hui de la tourmente.