Samedi déjà tu n'avais pas répondu lorsque je t'avais comme d'habitude demandé si je pouvais venir, le silence du téléphone et chez toi l'annonce d'un repli sur ta douleur, ton horreur, ta peur du vide, je te sens paniquer devant le précipice et tu veux l'affronter seul en samouraï vaincu qui enfin veut affronter les monstres de la mort seul dans son ultime combat, dans son ultime défi. Je suis venu te voir malgré ton silence et lorsque ton mari a ouvert la porte de ta chambre tu nous as souris gravement en implorant notre attention, tu nous as simplement demandé avec difficulté dans ta tempête intérieure dans ton cyclone personnel,

- non je ne peux pas ?

-ton mari a précisé voulant être sûr que nous avions bien compris, tu veux être seule, te reposer, dormir?

-Et tu as souri en me regardant intensément, en me disant ces mots pleins de sens,

- Oui, ce n’est pas grave?

Je t'ai bien sûr rassurée en te répondant, non pas grave du tout, repose toi, je reviendrai. J'ai parlé avec ton mari, et il m'a dit comment nos entretiens t'avaient permis de trouver souvent du repos dans ta route pendant cette longue maladie. Je te laisse ce soir, mais j’ai le coeur un peu gros, quand même convaincu que dans ton combat de soldat que tu veux livrer seule avec l’énergie du désespoir, tu te rappelles que nous sommes tous reliés et qu’il suffit d'appeler pour que nous répondions présents instantanément.