comethi_1_

Tu as demandé à ton mari de me téléphoner pour que je passe te voir.Tout juste descendu du train de mon Vercors sauvage je viens te visiter, toi si faible si transparente si translucide, haletante et assoifée de ton oxygène que ton appareil te dispense au maximun, je rentre dans la chambre et tu me dis un peu agacée mais aussi inquiète .

excuse moi, excuse moi.

je te demande de quoi et tu me dis : de t'avoir demandé de venir.

Non ce n'est rien, j'avais envie de te voir. Puis tu me  dis, il est trop tard , je suis trop fatiguée, tu étais essoufflée comme après un 100 mètres.

je t'ai dit, on n'a pas besoin de parler, je reste quelques minutes, cela ne va pas te fatiguer plus.

Et je t'ai pris la main et j'ai fermé les yeux pour resentir ce passage de coeur à coeur. Tu m'as dit juste à bout de souffle:

oui c'est ta main que je voulais.

et nous sommes restés simplement comme cela dans le silence pendant un long moment, une demi-heure, puis je suis reparti sans parole.