Oui la psychose est une maladie grave qui souvent petit à petit ou brutalement vous construit une réalité déformée, angoissante, persecutante. Le malade, non, justement l'humain englué dans cette toile de pathos se débat le plus souvent pour maintenir sa place d'Homme. Jean était journaliste connu dans un grand quotidien anciennement marginal, Jean a connu tous les bouleversements du journal qui est passé d'un journal militant à un quotidien du matin lu par des anciens, mais Jean tout au long de ces années n'a pas bien su allier modernité, réflexion sur l'art,  politique, son homosexualité, la haine de son Père, son désir de collectionner des oeuvres d'art en rapport avec le cirque, ultime manière probablement de vouloir mettre en scène sa vie, donner une valeur à cette vie faite de bric et de broc. Jean est maniaco- dépressif comme il se plait à dire lorsqu'il veut mettre une distance entre l'homme et le malade entre le médecin et l'homme avec lequel il parle. Je connais Jean depuis plus de 10 ans, la psychiatrie c'est aussi une affaire de temps et de patience à effacer le temps. cet après midi, Jean est de bonne humeur alors il me demande, en devançant ma question qui l'interpellera en tant que journaliste:"vous allez me demander ce que je pense de la situation internationnale?"

Et là à son étonement, je lui demande plutôt ce qu'il pense de Sarko et de son hyperactivité, il sourit et me dit: "il est comme un enfant qui ne supporte plus son jouet à peine reçu, il n'a pas l'air très heureux quand même." Je pense finalement que Jean, avec son vécu délirant, son collectionnisme intensif et une récente hospitalisation, comprend Sarko, dans sa même solitude de coureur de fond.