img_0063_1_

Henri souffre depuis de nombreuses années. Ingénieur talentueux, chef d'entreprise il n'arrive pas à organiser sa vie privée. Il est marié sans enfant avec une femme anxieuse et dépressive, il a pris l'habitude d'être entouré virtuellement le plus souvent de 2 ou 3 amoureuses avec lesquelles il entretient des relations affectives régulières par mail et parfois plus si affinités. Voilà donc au moins 2 ans qu'il cherche en analyse les raisons de ce curieux patchwork de cœur. Il est parfois heureux surtout lorsque toute ses amies répondent présentes et lui témoignent leur amour sans faille, mais il suffit qu'une seule soit hésitante, absente ou simplement injoignable et Henri passe des nuits blanches dans l'angoisse et la dépression, même s'il est à coté de sa femme ou de sa maitresse.

Un matin, Henri n'en peut plus, il souffre trop, il ne veut plus de cette souffrance qui ne correspond à rien, je lui dit que  cette  souffrance,  me fait penser à celle d'un nouveau né  qui privé de sa mère, sans ressource  est irrémédiablement voué à la mort. La dépendance à la mère conditionne la survie, la perdre c'est mourir.

Je demande à Henri de me dire ce qu'il sait de sa naissance, et des conditions de vie lorsqu'il était nouveau né, alors Henri plein d'émotion me dit que sa mère avant de mourir lui avait demandé de l'excuser de l'avoir rejeté les 4 premiers jours de sa naissance, elle ne voulait pas le voir, pas l'entendre, elle refusait cette enfant issu de son ventre. Henri avait été dans cette survie sans mère recueilli par les infirmières et puéricultrices qui l'entouraient et qui probablement aimaient ce nouveau né rejeté par sa mère.

Henri prend conscience ce matin que depuis lors il répète inlassablement les choses, en s'entourant de nombreuses femmes aimantes et différentes qui le rassurent et l'entourent lui assurant ce cercle d'amour et surtout la certitude qui le protège de la mort. Mais qu'une seule de ses sentinelles femmes aimantes lui manque et le dispositif se fissure et les angoisse de mort resurgissent incontrôlées.