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J'ai l'impression que cette relation au père reste dure et rude pour avancer il faut se déplacer à coup de serpette dans une jungle épaisse et dense, mais en même temps il semblerait que cela avance que nous bougeons, métaphore d'une psychanalyse où nous sommes sans boussole, le père me semble se dresser devant moi comme un sémaphore, statue du commandeur interdisant l'accès, aujourd'hui cette relation me hante et je la retrouve dans tous les discours inconscients que je tente d'interpréter dans mon attention flottante aux aguets.

  Evelyne me parle de sa difficulté de lier toute relation aux hommes, elle me raconte qu' elle se dérobe à chaque fois, elle a peur, elle parle de la peur de la police, de ses jambes qui tremblent lorsqu'elle entrevoit un uniforme, puis c'est le personnage du père qui apparait, il était calme, il était gentil, mais Evelyne se souvient et le revoit avec une cravache: il veut nous frapper, il frappe ma mère une nuit, me dit-elle.

En l'écoutant, je me rappelle maintenant, dans le plus profond de moi même, j'entends résonner aussi la violence de mon père et mon coeur de petit garçon se serre. Ce metier nous confronte souvent grace à nos patients à notre inconscient mis a nu, parfois nous sommes entrainés malgré nous dans notre chambre d'écho intérieure, je pense que cette proximité des inconscients permet à chacun de poursuivre sa recherche de sens.