IL ETAIT UNE FOIS UN PSYCHANALYSTE

"Côté cour /côté rue" réflexions au fil de l'eau sur mon intime et sur ma pratique professionnelle de psy humaniste psychanalyste,

26 mars 2008

Une écoute du dedans

Anne souffre d'un cancer du pancréas elle vient me voir chaque semaine. Oscar dont la tumeur cérébrale a déjà nécessité trois opérations revient me voir après 5 mois d'absence. Je la vois une fois par semaine Hélène, après s'être dévouée pendant 20 ans pour sa mère qui souffrait d'une maladie invalidante, elle est malade à son tour d'un cancer du pancréas. Trois patients que j'aime, trois destins liés par une même maladie probablement incurable, je crois qu'il est nécesaire de développer une écoute du dedans, une écoute du coeur pour dire ce qu'ils ne peuvent entendre et écouter ce qu'ils ne peuvent dire.

11 octobre 2007

Pourvu qu'il nous reste du temps

Je dois écrire pour Marie qui se bat pour "être", elle que le cancer a montré du doigt et qui une fois désignée n'en fini plus de se débattre avec ses chimio tous les 15 jours, elle qui n'a  pas assez de force pour retourner au travail , elle qui a une attention incessante à cacher le mal qui la ronge. Ce soir j'ai envi de parler de Marie parce qu'elle souffre  au milieu de sa famille, son mari et ses deux fils qui partagent attérés ensemble cette désesprance d'être malade à 50 ans et de bientôt en mourir. J'ai envie de parler de Marie car elle est symbolique dans son combat à vivre, à lutter contre l'absurde de la souffrance et parce qu'elle a compris que sans amour il faisait plus froid, elle raconte que depuis sa maladie toute sa petite famille l'entoure d'affection, alors n'attendons plus pour vivre notre vie et comme temps nous est compté (merci Shaade) alors vivons.

28 septembre 2007

Les livres sont des enseigements

Il y a aussi ce beau livre :

"La mort intime" de Marie de Hennezel, psychologue et psychanalyste. Elle a aussi écrit avec Jean-Yves Leloup, théologien orthodoxe, psychothérapeute, "L'art de mourir".

Posté par Ahe, 27 septembre 2007 à 21:49

Merci Ahe une nouvelle fois pour ton partage, j'ai beaucoup aimé ce livre "la mort intime" j'ai aimé son approche de coeur et des sens au delà des considérations théoriques et journalistiques. Cette lecture nous transporte dans une autre dimension où la fin de vie est une accéleration formidable de notre expèrience, une rencontre avec la vérité de notre ressenti un apprentissage du parler vrai que chaque personne qui compte ses moments de vie reclame avant tout de son entourage. Ce parler vrai si éloigné de notre langage quotidien, il nous faut l'apprendre et pouvoir dialoguer de coeur à coeur, pour qu'à coeur perdu les frontières terrestres n'existent plus. 

20 septembre 2007

Marie sur le chemin de nini

Marie est revenue en consultation après 3 semaines d'absence, son cancer du pancreas  decouvert depuis quelques mois l'a transformée, petit à petit, elle me livre lors de cette seance sa peur de mourir, sa détresse. Elle demande mon aide je comprends qu'il est temps de poursuivre mon aide au -delà des mots, Nini me regarde et m'aide à reprendre le travail. Je propose à Marie de lui apprendre la sophrologie, la prochaine fois nous laisserons les mots menteurs pour la vérité du ressenti.

il faut reprendre son baton de pélerin

Le livre que j'ai mis en photo c'est le livre tibétain de la vie et de la mort de Soguyal Rimpoché. Ce livre présente l'intérêt d'être assez complet sur les conseils à apporter aux personnes en fin de vie, il s'appuie sur les données scientifiques actuelles et sur les croyances bouddhistes. Il fait aussi une grande place aux  pratiques tibétaines d'aide aux malades, et il représente un appui important lorsque vous êtes confrontés dans votre métier à l'accompagement de personnes, ou bien si la vie vous le fait vivre  pour un de vos proches.

Dans mon métier de médecin, la vie m'a souvent conduit au chevet de personnes proches de la mort. J'ai mesuré toute la détresse de la situation, l'impuissance du médecin à secourir le malade, à réconforter la famille. A cette époque la spiritualité m'était encore étrangère, puis j'ai perdu mon Père dans un hoquet inattendu, de cette longue maladie qu'il s'était verre après verre, infligé pour noyer sa difficulté à être, puis j'ai perdu ma mère d'un cancer brutal et insouciant, la terrassant en pleine jeunesse dans son energie de ses 69 ans, et j'ai compris que les mots sont souvent insuffisants, les explications inutiles pour accompagner la vie des personnes qui ont peur de la mort. Les années se sont écoulées et j'ai lu, etudié, peut être compris certaines choses et il y a eu ma rencontre avec nini (cf la rubrique de notre histoire) et j'ai compris qu'il fallait aider les personnes en souffrance, que la douleur était avant tout la nôtre, notre ignorance, notre peur de la séparation, celui qui part souffre de nous savoir démuni de le voir partir.

Nini est partie rejoindre les étoiles déjà depuis plusieurs mois,  je savais que notre expérience devait servir aux autres, mais j'avais besoin d'une petite pause, on est toujours un peu feignant quand on se retrouve confronté à sa tâche de transmettre et donner à d'autres pour que la chaine d'entraide se multiplie. J'ai bien donné un temps des cours aux éléves infirmières sur le sujet mais ce savoir ne doit pas se limiter au seuls professionnels à qui on peut difficilement parler de spiritualité .

je consacrerai aussi donc une petite place sur ce blog, à l'accompagement des personnes en fin de vie, aux lectures s'y rapportant, tout ceci bien sûr en interaction avec ceux d'entre vous que le sujet interpelle.

18 septembre 2007

un livre pour aider

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