20 novembre 2009
Quand l'inconscient organise la survie
Henri souffre depuis de nombreuses années. Ingénieur talentueux, chef d'entreprise il n'arrive pas à organiser sa vie privée. Il est marié sans enfant avec une femme anxieuse et dépressive, il a pris l'habitude d'être entouré virtuellement le plus souvent de 2 ou 3 amoureuses avec lesquelles il entretient des relations affectives régulières par mail et parfois plus si affinités. Voilà donc au moins 2 ans qu'il cherche en analyse les raisons de ce curieux patchwork de cœur. Il est parfois heureux surtout lorsque toute ses amies répondent présentes et lui témoignent leur amour sans faille, mais il suffit qu'une seule soit hésitante, absente ou simplement injoignable et Henri passe des nuits blanches dans l'angoisse et la dépression, même s'il est à coté de sa femme ou de sa maitresse.
Un matin, Henri n'en peut plus, il souffre trop, il ne veut plus de cette souffrance qui ne correspond à rien, je lui dit que cette souffrance, me fait penser à celle d'un nouveau né qui privé de sa mère, sans ressource est irrémédiablement voué à la mort. La dépendance à la mère conditionne la survie, la perdre c'est mourir.
Je demande à Henri de me dire ce qu'il sait de sa naissance, et des conditions de vie lorsqu'il était nouveau né, alors Henri plein d'émotion me dit que sa mère avant de mourir lui avait demandé de l'excuser de l'avoir rejeté les 4 premiers jours de sa naissance, elle ne voulait pas le voir, pas l'entendre, elle refusait cette enfant issu de son ventre. Henri avait été dans cette survie sans mère recueilli par les infirmières et puéricultrices qui l'entouraient et qui probablement aimaient ce nouveau né rejeté par sa mère.
Henri prend conscience ce matin que depuis lors il répète inlassablement les choses, en s'entourant de nombreuses femmes aimantes et différentes qui le rassurent et l'entourent lui assurant ce cercle d'amour et surtout la certitude qui le protège de la mort. Mais qu'une seule de ses sentinelles femmes aimantes lui manque et le dispositif se fissure et les angoisse de mort resurgissent incontrôlées.
12 novembre 2009
Une mère pas très rassurante
Henri est là, en face de moi, il débute toujours un peu maladroitement ses séances, les mots sont à peine articulés, le debit est lent, sans rythme, Henri semble méfiant, il m'observe. Pourtant il parle, de sa souffrance, de ses angoisses, de la peur qu'il a lorsqu'il se trouve avec une fille, de l'alcool qu'il est obligé d'absorber avant toute relation sexuelle, même si à défaut d'alcool il se rabat sur du parfum, de l'alcool à 90 ou de l'eau de cologne lorsqu'il est pris au dépourvu et qu'il n'a pas pu anticiper. Henri est un jeune homme pourtant très séduisant, mais la peur le domine. Il me raconte que sa mère après le divorce dormait avec lui car elle avait froid et peur et ne voulait pas être seule. Sa mère et son père sont medecins, ce soir je comprends qu'il faudra beaucoup de temps à Henri pour me faire confiance....
28 octobre 2009
Du fond de mon fauteuil
je guette, l'ouverture vers l'inconscient, cette fenêtre sur notre ailleurs .
27 octobre 2009
La psychanalyse c'est aussi cela
le psy accompagne aussi chacun dans son univers.
12 octobre 2009
Des nouvelles de notre ami le potier

Le ventre de sa femme pousse doucement, la dépression a relâché son emprise, il peut à nouveau respirer, créer, transformer la terre en objet utile, en objet vivant de son esprit d'artiste. Il est de retour après 1 mois de clinique pour retrouver le plaisir d'être père, et depuis lors, le couple retrouve petit à petit le chemin du devenir.
Mais ce connard d'œdipe comme le dit Zoe est sur la route, et la mère et la soeur s'acharne à ruiner cette union, le potier sur le divan lutte contre cette marée de femmes qui l'aime mais ne veut pas le perdre, elles haïssent cette étrangère qui a osé faire un enfant à ce fils, à ce frère, elles veulent detruire l'intruse, el lui oedipe devenu potier pour l'histoire n'en fini pas de se crever les yeux pour mieux voir.
09 septembre 2009
Le nombre de séances
"Vous savez docteur il parait que je ne fais pas une psychanalyse en venant seulement une fois par semaine" me dit ma patiente journaliste. C'est vrai que j'avais un peu oublié par l'habitude de la pratique que je n'obligeais plus depuis longtemps mes analysants à un nombre de séances minimum, je propose deux séances par semaine mais j'accepte des analyses une fois par semaine. Il me semble que la fréquence des séances est constitutif du cadre et que si celui-ci est contractuel on peut se contenter d'un nombre minimum. Le transfert reste au rendez-vous, le temps, son partage, je te donne à m'écouter, tu m'écoutes un peu, beaucoup, passionnément, oui le transfert est certainement au bout du chemin du temps et de sa partition, ce transfert, l'essence du moteur de la psychanalyse. Merci pour toutes vos réponses si inspirantes et vos expériences. Du vécu, voilà la vraie valeur, chaque analyse est unique, chaque expérience non renouvelable. La fin de l'analyse pose effectivement question et pourtant je dirais simplement qu''il y a progressivement une ouverture qui se crée, une ouverture sur le désir, une intensification de sa suggestibilité. Le miroir aux alouettes de l'analyse qui nous a fait tant produire et fantasmer perd son éclat progressivement pour laisser apparaitre le faste de l'expérience sur la vie avec nos nouvelles données, notre nouveau savoir.
26 mai 2009
Jules le potier

Il est angoissé et me supplie au téléphone de bien vouloir l'hospitaliser, jules le potier pleure, il ne comprend plus pourquoi brutalement il est tombé en désamour, sa femme Jeanne avec laquelle il s'est marié il y a simplement un an ne lui évoque qu'indifférence voire rejet. Il ne comprend pas pourquoi et cela le fait encore plus souffrir. Jeanne vient de lui annoncer qu"elle était enceinte et il pleure égaré, paniqué, sans autre solution que celle de partir loin d'elle pour l"hôpital. Je demande à Jules de venir me voir, peine perdue la consultation malgré mes réticences se soldera par une hospitalisation en clinique pour préserver l'amour de jules et de jeanne et de leur futur bébé, quelques jours pour que le temps apaise l'angoisse et nourrisse l'amour.
10 mai 2009
l'oreille du coeur
Cette oreille là, nous permet d'entendre de l'intérieur, de percevoir l'autre dans ses émotions, dans ses non-dit, c'est une voie directe de coeur à coeur, une lecture sensible de la souffrance de l'autre, je te comprends parceque je suis ouvert, dans une pleine réception, ouvert sans prejugé, sans attente, sans jugement, le coeur en est le centre car il comprend sans mot, il reconnait sans image, il s'illumine quand c'est beau.
15 mars 2009
La non -rencontre des désirs
Jean essaye de trouver les mots pour parler de son problème, mais les mots lui manquent il n'y arrive pas. Comment pourrait-il raconter sa souffrance, absence de désir de sa femme, et son sexe qui la plupart du temps ne reste pas suffisament dressé pour faire de lui un homme.
"Elle me demande de la prendre avec force et rudesse, mais moi j'ai envie de la prendre dans mes bras, elle refuse souvent mes avances alors je n'ose plus, ou de moins en moins. J'ai l'impression que l'on n'arrive plus à se comprendre" me dit Jean très malheureux. Le langage du désir est souvent différent entre les hommes et les femmes, comment aider à rétablir le dialogue?
19 février 2009
Forteresse assiégée par elle même
Judith a les yeux cernés et tristes avec dans le regard une faille, un malaise. Voilà trois mois qu'elle ne dort plus, elle n'a rien dans sa vie qui ne va pas pourtant, elle semble forte derrière sa silouette fluette de responsable de com, j'ai des crises d'angoisse terribles à n'importe quel moment du jour ou de la nuit, je n'arrive pas à respirer. Elle est cachée derrière toutes ses crises, elle veux paraitre une jeune femme responsable, rien à signaler.La consultation patine pendant vingt minutes, Judith ne lache rien, des angoisses mais pas de causes, puis devant ma détermination à trouver tout cela normal, les peurs à en mourir et le rien comme cause, Judith se met à parler d'un coup, comme on deverse sa cargaison de bombes avant de rentrer à la base. Oui j'ai avalé untube de lexo il y a huit jours, mon père est alcoolique c'est pour cela que ma mère l'a quitté il y a dix ans, j'ai fait une anorexie il y a 8 ans, ma mère est dépressive. Je reste de marbre, oui c'est bien je pense qu'à 30 ans c'est un bon age pour s'occuper de tout cela, on peut se voir une fois par semaine, pas de medicaments, et dans deux mois on en reparle, je pense que je peux vous aider si vous êtes décidée à faire quelque chose, à la semaine prochaine.







